En août 1944, dans une ville proche de Paris, Robert Capa photographie une femme berçant un bébé au milieu d'une foule huée, le crâne rasé et le front marqué d'une croix gammée.
La femme, Simone Touseau, deviendra tristement célèbre – d’abord comme symbole de la brutalité de la France après l’occupation et plus tard, grâce à une étude minutieuse, comme exemple des sympathies nazies parmi certains Français pendant la Seconde Guerre mondiale.
Un roman sorti cet été en France la réinvente une fois de plus, cette fois en femme méprisée. C’est une réinvention qui ne rend pas service à la vérité complexe sur Mme Touseau et sa collaboration délibérée, ainsi que d’autres Françaises, avec les nazis. Les femmes ont collaboré par lâcheté, par intérêt personnel et par toute une série de ferveur idéologique. Une réalité qu’il faut considérer franchement si l’on veut avoir une bonne comptabilité de l’histoire de la guerre en France.
La photographie « La Femme rasée de Chartres », avec la jeune Mme Touseau en son centre, a longtemps été comprise comme un document des purges brutales qui ont eu lieu lors de la libération de la France à la fin de la Seconde Guerre mondiale. Des sanctions extrajudiciaires ont été appliquées dans tout le pays, notamment le rasage de la t...
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